27 novembre 2009
Red Friday
Une semaine en pointillé / une formation très intéressante sur la gestion mentale, je sais mieux comment je fonctionne, ça va m'aider pour aider les élèves et mes enfants /des envies de printemps déjà on dirait, avec le beau coussin-pomme de Melle Na (merci Nadège!), des fleurs au doigt et des escargots sur ma chemise / une chouette BD que Ktl avait déjà conseillée l'année dernière, achetée pour le CDI et lue en catimini à la maison: Lulu 40 ans, après un énième entretien d'embauche, décide de ne pas rentrer chez elle. Ce n'est pas vraiment préparé, décidé mais elle sent qu'elle en a besoin. Inquiétude des amis, colère de son mari, exaspéré et exaspérant... Un copain la retrouve et la suit, il découvre une Lulu très différente que celle qu'il connait, il ne fait que l'observer, ne veut pas troubler ce bonheur tout neuf et éphémère... En une nuit, il raconte sa filature. Une histoire qui a résonné en moi, une Lulu attachante qui abandonne le navire pour aller respirer la mer, et être seule... J'attends le tome 2 avec impatience, il ne devrait plus tarder...
Lulu femme nue, Etienne Davodeau, Futuropolis, 2008 (prix Quai des Bulles 2009)
et une pensée pour toutes les blogg-euses qui se retrouvent au salon jeunesse de Montreuil ce WE...
09 novembre 2009
Lockie
Faible, je suis faible....il suffit que je lise le mot Australie dans un résumé pour aussitôt replonger dedans, version littérature de jeunesse. Tout le week-end, j'ai suivi Lockie Leonard, ado australien qui débarque dans une nouvelle ville, paumée bien évidemment mais en bord de mer, comme toujours chez Tim Winton. Il a un père flic et poète, craignos!, un frère de 10 ans qui fait toujours pipi au lit, qui doit boire du jus de banane pour s'en sortir, et une petite soeur qui bave et machouille tout ce qu'elle trouve. Dans le 1er tome, l'amour va lui tombe dessus comme une météorite, lui qui ne pensait qu'à faire du skate et du surf. Il ne veut pas que son corps s'emballe trop vite, mais il a bien du mal à contrôler ses hormones. Il y a des passages un peu crus, qui m'ont fait dire, comme Charlotte hum hum, ai-je bien fait de les acheter pour le CDI? Mais finalement, ça reste toujours décent, c'est juste un ado qui se découvre, et du coup, on se souvient comment c'était ;o)Idéal pour les parents! Le 2è tome est tourné vers l'écologie, il a rompu avec Vickie : Lockie découvre que le port d'Angelus est souillé par une usine de phosphates, ce sera l'occasion de grandes mobilisations, la rencontre avec Egg, un copain hardeux, la honte! et la bande des écolos. Enfin le 3ème tome est plus sombre mais toujours plein d'humour, Lockie va être confrontée à la dépression de sa mère : c'est grave et drôle à la fois, car on ne sait jamais trop comment se comporter face à cette maladie... Lockie va traverser toutes ces phases, s'interrogeant sur les raisons, tenter de l'aider, aller la voir tous les jours, juste pour être là, et assurer au lycée et à la maison. C'est toute une famille qui vacille.
Lockie Leonard, Tim Winton, Ecole des loisirs, medium, 2007
14 octobre 2009
Sunny Wednesday
A la manière de Lisa (en moins bien): ce matin, je me suis levée de bonne humeur à 10h15 (!!!) laissant honteusement mes enfants devant la télé se gaver de céréales /des yaourts maison avec des framboises écrasées légèrement sucrées provenant du jardin/des chaussures pour petit mec trouvées chez Zara hier (trop petites, il va falloir y retourner)/ le dernier Pomelo : il sort enfin de son jardin, tombe dans une theière, découvre un Playmobil, explore une chaussette, voyage dans une cagette de pommes, et découvre la Patatie : c'est toujours autant philosophe, drôle et jouissif! /Anna et Froga, tome 2 : des petites histoires d'enfants,des disputes au sujet d'un petit rien, un graphisme très simple, ma fille est fan, et moi aussi!
28 septembre 2009
Hémisphère sud
Vous connaissez désormais mon addiction littéraire pour l'Australie, et Ktl m'est toujours de bons conseils. Ici deux ouvrages dans le style écrivain-baroudeur, des histoires vécues mais romancées bien sûr, très bien écrites et très drôles.
Le koala tueur et autres histoires du bush de Kenneth Cook, Autrement, 2009: Ce sont des nouvelles, et ça c'est un bon point pour les non-lecteurs,(je pense à mes élèves...) et en plus si c'est drôle, ils se jettent dessus. Méfiez-vous des koalas, sous des airs débonnaires de gros nounours dormeurs, ils sont munis de terribles griffes qui entrent en action dès qu’on les empêche de dormir sur leur eucalyptus. En Australie, il y a plus d’espèces dangereuses que n’importe où au monde : l’auteur, journaliste, en a fait les frais lors de rencontres mémorables avec des autochtones et raconte de façon tout à fait hilarante ses terribles rencontres du 3ème type : crocodiles, serpents, mineur fou, plongeur déjanté... Il faut dire que son embonpoint est un rôle à lui tout seul dans ce livre. C’est drôle, dépaysant, ça sent bon le bush australien, un peu répétitif tout de fois au bout des dix nouvelles. [Ktl en parlait ici, et oui, moi aussi j'ai failli me faire pipi dessus lors de la scène du koala!]
Nos voisins du dessous, chroniques autraliennes de Bill Bryson, 2003 : une lecture plus fastidieuse, mais très enrichissante, à lire pour préparer un voyage tout là-bas, ou quand on en revient, il faut se concentrer, suivre sur la carte ses déplacements dans cette immensité, mais on apprend un tas de trucs sur l'histoire. Les anecdotes savoureuses fleurissent sur certaines villes. L'auteur ayant un penchant pour la bière ou le chardonnay bien frais (comme le précédent d'ailleurs), on se s'étonnera pas que ses virées prennent parfois un drôle de tournure! On le retrouve sur la barrière de corail, dans le bush, à Uluru, Melbourne, Sydney bien sûr...L'auteur excelle dans ses descriptions de couchers de soleil, de plénitude face à l'infini, (face à Uluru notamment, c'est ce qui m'a le plus marqué, parce que évidemment j'aimerais y retourner pour ça ) ou encore de la chaleur étouffante et écrasante. Ses portraits sont toujours très finement réalistes et ciselés. Après ce livre, on comprend encore mieux les Australiens (leur manque de confiance en eux, leur nonchalance..) et surtout on prend conscience des distances énormes entre chaque point visité. Bref, encore une fois, on s'évade!
22 septembre 2009
C'est l'hiver..
A peine entré dans l'automne que je vous parle d'hiver... Dans le dernier Indridason, on plonge littéralement en plein hiver arctique, on a froid aux pieds et le nez qui gèle en découvrant l'horrible meurtre d'un enfant de 10 ans, un jeune Thaïlandais. L'enquête s'oriente vers la communauté thaï, la mère Sunee protège son fils aîné mystérieux, secret et en colère, qui a un rêve: retourner au pays. L'intégration est difficile pour lui, l'école une torture. L'Islande a peut-être du mal à voir la réalité en face et le côté raciste qui sommeille en elle. Le commissaire Erlendur est toujours aussi mélancolique, il renoue avec ses enfants, sa fille semble ne plus se droguer, mais a du mal à leur parler, cela remue trop de souffrances...Et puis il y a cette femme qui l'appelle sur son portable et sanglote au téléphone, a-t-elle un lien avec une autre disparition? Une enquête qui piétine tout de même, que j'ai trouvé un tantinet longuet et ennuyeuse, et le dénouement n'est pas à la hauteur.. Bref bien loin, de la Femme en vert ou la Cité des Jarres.. Mais on reste séduit par le style Indridason, cette atmosphère à la fois pesante et glaciale, les allers et retour dans le passé (moins présents ici) et les propres sentiments du commissaire, une vraie tête de cochon quand même!
-Hiver arctique, Arnaldur Indridason, Métaillé noir, 2009-
01 septembre 2009
Be safe
Qui dit rentrée, dit bouquins à déballer, cartons à ouvrir et nouveautés pour le CDI. Be safe, ça veut dire prend soin de toi, reste en vie : c'est l'histoire de Jérémy et de son jeune frère Oscar, qui glandent un peu en faisant de la musique dans le garage en rêvant de devenir des stars du rock'n roll dans l'Amérique profonde. Jérémy, l'école ce n'est pas son truc, il a vite décroché, et en pleine guerre d'Irak le voilà enrôlé dans l'armée en allant chercher un coca. On lui fait miroiter un vrai métier, constructeur de ponts, c'est son père qui va être content, pense-t-il. Son père, lui est mécano passionné, il retape de vieilles bagnoles, il a eu une jambe écrasée en bricolant. Enfin c'est ce que tout le monde pense. Entre le départ pour le camp d'entraînement, l'attente des permissions et des courriers, la vie suit son cours pour Oscar, qui tombe amoureux et répète avec sa copine. Après la première perm', vient le moment de l'affectation; Jérémy se révèle un tireur d'élite et au lieu de constriure des ponts, c'est sur le front qu'il est envoyé, en première ligne. L'attente angoissante commence alors pour la famille, les nouvelles ne sont pas bonnes, et Jérémy commence à envoyer des mails à son frère, en secret, qui racontent réllement ce qui se passe là bas : l'horreur pure et dure, les enfants tués, les guets-apens, les militaires qui craquent, ceux qui désertent et ceux qui sont tués. Parallèlement, le secret entourant la blessure du père va être découvert, plus rien ne sera alors comme avant. C'est un très beau roman sur l'amitié, la musique, la relation entre 2 frères, la séparation et la guerre bien sûr, j'ai bien aimé le rapport à l'actualité. L'armée vue de l'intérieur par un jeune, cela a de quoi briser des carrières militaires. C'est prenant et très bien écrit. D'ailleurs, il a eu le prix Ados de la ville de Rennes en juin, et c'est un gage de qualité. C'est court aussi, et croyez-moi, c'est un critère de choix chez les élèves!
-Be safe, Xavier Laurent-Petit, Ecole des Loisirs,2007- (conseillé à partir de la quatrième et jusqu'à la seconde et seconde pro)
20 août 2009
Lectures estivales#3
Après la femme en vert, j'ai voulu continuer ma découverte islandaise, et avec ce nouveau roman, qui le précède en fait, et je n'ai pas été déçue.je crois que je susi désormais réconciliée avec les policiers, c'est certain. Je l'ai trouvé tout aussi prenant et captivant que le premier, et j'y ai retrouvé les mêmes ingrédients : Erlendur est toujours aussi mystérieux et empêtré avec sa propre fille qui veut décrocher de la drogue, et je me rend compte que sa propre histoire évolue au fil des romans. L'enquête : un homme est retrouvé mort dans son appartement, et il s'avère qu'il n'avait rien de très fréquentable: Pédophile et violeur, il est resté impuni (pas gai, je sais..). 2 indices sur le lieu du meurtre : une photo d'une tombe d'enfant et un mot "je suis lui". Qui a voulu se venger? L'enquête s'oriente vers le passé. Des secrets de famille vont voler en éclats. On sent encore ici la fascination de l'auteur pour son île, les dangers de cette insularité, les disparitions inexpliquées, cette noirceur dans cet hiver interminable, et la pluie aussi qui vient laver les crimes et délits.
Petite anecdote : photo prise sur les rochers juste avant la chute! j'ai pu rattraper mon livre avant qu'il ne coule dans la rivière mais il a eu largement le temps de prendre l'eau et il a désormais doublé de volume. Mais j'aime bien en fait quand mes livres sont un peu marqués ou abîmés (par moi... pas par d'autres!!!), du coup quand je les reprend des mois ou des années plus tard, je suis automatiquement téléportée à l'endroit ou je l'ai lu... ça vous fait ça vous aussi?
-La Cité des Jarres, Arnaldur Indridason, Points 2005-
06 août 2009
Lectures estivales #2
Autant vous dire que j'ai été plus qu'emballée par cette lecture qui sent bon l'été,(prêtée par Ktl) je l'ai dévoré, ne pouvant plus le quitter de la journée. Désirée et Benny se rencontrent dans un cimetière -drôle d'endroit pour une rencontre!-, l'une "pleure" son mari, l'autre sa mère. Au début, on ne peut pas dire que ce soit le coup foudre : il la trouve "beige", fade, citadine avec son petit carnet de poésie,(elle est bibliothécaire) elle le trouve bourru, mal fagoté et de mauvais goût (il est paysan et s'occupe de 24 vache laitières). Pourtant un jour, leurs yeux et leurs sourires se croisent réellement et commence alors une dévorante passion aussi incongrue soit-elle. Tout les oppose, et c'est avec un humour décapant que j'ai suivi leur tribulations tantôt à la ville, tantôt à la campagne...Un roman vraiment drôle et tendre, qui renvoit forcément à notre entourage : des couples mal assortis, on en connait tous! A recommander vivement!
-Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti, Babel poche, avril 2009-
03 août 2009
Lectures estivales#1
Je n'avais pas du tout aimé Falaises,(contrairement à elle) j'avais trouvé cela déprimant au possible, glauque, bref pas du tout conquise. Ici, on ne peut pas dire que ce soit très gai non plus mais il fallait que j'aille plus loin et ne reste pas sur ce sentiment, car Olivier Adam, c'est notre écrivain local, l'enfant du pays, revenu s'installer à St Malo, et qui vante son plaisir d'écrire face à l'océan justement. Cette fois j'ai été vraiment séduite et emporté par le style fluide de l'auteur. L'histoire : Sarah, la femme de Paul Anderen a subitement disparu depuis 1 an, les mois passent, l'angoisse s'installe, mais il doit faire face au quotidien, protéger et continuer à vivre pour et avec ses deux jeunes enfants, les préserver le mieux qu'il peut. Chaque jour est une nouvelle épreuve, il décide alors de larguer la vie parisienne et de s'installer à Saint Malo, pour essayer de repartir à zéro. Le trio se sert les coudes mais entre la tristesse de l'aîné et les pleurs de la petite, le père noit son chagrin dans l'alcool. Son frère et sa belle-soeur apporte un peu de chaleur et d'amour, ainsi qu'une voisine. Les paysages malouins, les nuages bas, les tempêtes rythment aussi ce récit et participent à cette atmosphère. C'est lourd, gris, mélancolique ET beau. On attend, en vain, autant le dire tout de suite, la petite étincelle qui le fera repartir.. Une belle lecture, à lire l'été quand le moral est au beau fixe plutôt qu'à l'automne quand le spleen nous envahit...
-Des vents contraires, Olivier Adam, éditions de l'Olivier, janvier 2009-
02 juillet 2009
3 Mangas
Dans la série manga, je voulais à tout prix découvrir celui là, dont Charlotte avait parlé et qui m'avait tapé l'oeil (mais je n'ai pas réussi à retrouver ta critique), confortée aussi par un très bon article sur ce genre nippon dans Télérama; (alors Murielle, tu l'as lu?). Strawberry shortcakes, ce sont des tranches de vie, des histoires de filles, amoureuses bien sûr ou qui veulent l'être, parfois trompées ou trahies, pas trop sûres d'elles mais complexes,(et complexées!), c'est un peu nous toutes dans ces planches, à différentes stades de la vie, mais ce qui est sûr, c'est qu'on a du mal à les quitter.
-Strawberry shortcakes, Nananan Kiriko, Casterman, 2006-
Autre manga, français celui-là, de la jeune auteure Vanyda,dont j'avais lu Celle que je ne suis pas. Ici, ce n'est pas la cour de récré du collège que l'on retrouve, mais la cour d'un immeuble, les escaliers où l'on se croise pour se dire bonjour ou demander un service. Au premier étage loge une mère célibataire Béatrice et son fils Rémi, enceinte de son deuxième enfant, et auréolée des mystères de la maternité; au 2ème un couple établi,la cinquantaine Rémi taciturne, un peu bougon et Fabienne, la bavarde; au 3ème le jeune couple d'étudiants Claire et Louis, tout fou, plein d'entrain et de dynamisme. C'est un peu comme si on ouvrait les volets et les rideaux pour voir ce qui se passe chez chacun, les petites crises et les moments de bonheur, les doutes et les angoisses de chaque cellule familiale.
-L'immeuble d'en face tome 1 et 2, Vanyda, la boite à bulles, 2003 et 2007-
















